Aller au contenu

ComprendreLes cuisines d’Asie : saveurs, repas et usages

Glutamate monosodique : l’additif E621 expliqué sans parti pris

Le glutamate monosodique inquiète certains convives et laisse les autres indifférents. Cette fiche dit ce qu’est cet exhausteur de goût, où on le trouve et ce qu’en pensent les autorités sanitaires, sans dramatiser ni minimiser.

Portrait d’Hélène Marchadier, cheveux châtain clair mi-longs, pull gris perle, fond de pièce claire et flouePar Hélène MarchadierRevu le · 4 min de lecture

Petits cristaux blancs de glutamate monosodique dans une coupelle en porcelaine bleu et blanc

Un sel d’acide aminé, rien de plus exotique

L’acide glutamique fait partie des acides aminés qui composent les protéines. Notre corps en fabrique et en contient. On le trouve aussi, à l’état libre, dans des aliments très ordinaires : tomates mûres, fromages affinés, algues, champignons, sardines, lait. Sous cette forme libre, il donne un goût de bouillon que décrit notre page sur la saveur umami et ses sources.

Le glutamate monosodique, souvent abrégé MSG ou GMS, est ce même acide associé à un atome de sodium. Il se présente en petits cristaux blancs qui fondent vite dans l’eau. L’industrie l’obtient aujourd’hui par fermentation bactérienne de matières végétales, mélasse ou protéines de céréales et de soja. En 1908, le chimiste japonais Kikunae Ikeda avait isolé la molécule dans un bouillon d’algue kombu ; la fabrication en série a suivi de peu.

Où il se cache sur une étiquette

En Europe, un additif se déclare dans la liste des ingrédients par sa fonction, suivie de son nom ou de son code : « exhausteur de goût : glutamate monosodique » ou « exhausteur de goût : E621 ». La famille des glutamates va de E620 à E625. On la croise surtout dans les produits transformés : soupes déshydratées, bouillons en cube, chips aromatisées, sauces, plats préparés, charcuteries.

Un point échappe souvent. L’extrait de levure, la sauce soja ou les protéines hydrolysées apportent eux aussi du glutamate libre, sans aucun code E. Un produit « sans glutamate ajouté » peut donc avoir un goût très marqué de bouillon. Rien d’illégal là-dedans : ces ingrédients sont classés comme des aliments et non comme des additifs.

La position des autorités sanitaires

Le glutamate monosodique est autorisé dans l’Union européenne. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a réévalué les glutamates et fixé une dose journalière admissible commune à toute la famille : la quantité que l’on peut ingérer chaque jour, sa vie durant, sans risque appréciable. Elle a aussi relevé que de gros consommateurs de produits transformés pouvaient la dépasser. Aux États-Unis, l’agence des aliments le juge sans danger pour la plupart des personnes aux doses habituelles.

À poids égal, le glutamate monosodique contient environ trois fois moins de sodium que le sel de table. Il ne remplace pas pour autant le sel dans un régime pauvre en sodium sans l’avis d’un professionnel de santé. Les aliments destinés aux nourrissons et aux enfants en bas âge obéissent à une règle plus stricte : un additif n’y entre que s’il y est expressément autorisé.

Le « syndrome du restaurant chinois », une étiquette discutée

L’expression est née aux États-Unis, après la lettre d’un médecin à une revue médicale. Il y décrivait maux de tête, bouffées de chaleur et palpitations ressentis après des repas chinois, et soupçonnait le glutamate. Depuis, les études menées en double aveugle, où ni le participant ni l’expérimentateur ne savent qui reçoit l’additif, n’ont pas retrouvé de lien régulier aux doses d’un repas. L’agence américaine parle plutôt de symptômes légers et passagers chez certaines personnes sensibles, après de fortes quantités prises sans nourriture. Le nom d’origine est aujourd’hui critiqué, car il vise une seule cuisine alors que l’additif se retrouve dans quantité de produits industriels.

Un mal de ventre après un repas au restaurant a souvent des causes plus banales : plats frits, sauces très salées ou sucrées, repas copieux avalé vite, alcool. Il peut aussi venir d’une allergie à un ingrédient courant de ces cuisines, comme le soja, l’arachide, le sésame ou les crustacés. Le guide pour lire la carte d’un restaurant asiatique recense ces allergènes plat par plat.

Sa place dans les cuisines d’Asie

Le glutamate en poudre a gagné les cuisines de Chine, du Japon, de Thaïlande et du Vietnam au siècle dernier, à côté d’ingrédients qui en apportaient déjà : sauce de poisson, sauce soja, algues, champignons séchés, crevettes séchées. Certaines cuisines de restaurant en ajoutent, d’autres y ont renoncé. Le plus simple reste de poser la question au moment de choisir son plat ; elle n’a rien d’indiscret. Pour voir comment le salé d’une sauce de poisson s’équilibre avec l’acide et le sucré, la page sur les saveurs de la cuisine thaïlandaise prend l’exemple d’une soupe et d’un curry.

Cinq points à garder en tête

  • Le glutamate de l’additif est chimiquement le même que celui des protéines alimentaires.
  • Sur une liste d’ingrédients, il apparaît sous son nom ou sous le code E621, après la mention « exhausteur de goût ».
  • Il est autorisé dans l’Union européenne, dans les limites fixées par la réglementation des additifs.
  • Les troubles attribués au « syndrome du restaurant chinois » n’ont pas été reproduits de façon régulière dans les études contrôlées.
  • Une gêne qui revient après les repas mérite l’avis d’un médecin plutôt qu’une éviction décidée seul.

Vos questions sur le glutamate

Où trouve-t-on du glutamate ?

À l’état naturel, dans les tomates mûres, les fromages affinés, les algues, les champignons, le lait ou les sardines. Sous forme d’additif E621, surtout dans les produits transformés : soupes, bouillons, chips aromatisées, sauces et plats préparés. L’extrait de levure et la sauce soja en apportent aussi.

Pourquoi ai-je mal au ventre après un restaurant chinois ?

Les causes possibles sont nombreuses : repas gras ou très salé, grosse quantité, repas pris vite, alcool, ou réaction à un ingrédient comme le soja, l’arachide ou les crustacés. Le glutamate n’a pas été mis en cause de façon régulière dans les études contrôlées. Si la gêne revient, un médecin aidera à en trouver l’origine.

Comment remplacer le glutamate ?

Des aliments riches en glutamate naturel donnent un effet proche : algue kombu, champignons shiitakés séchés, tomate concentrée, parmesan, sauce soja ou sauce de poisson. Ces produits apportent aussi du sel, et l’assaisonnement s’adapte en conséquence.

Au même service

Comprendre

L’umami

L’umami est la cinquième saveur de base, à côté du sucré, du salé, de l’acide et de l’amer. Il correspond au goût du glutamate…

Comprendre

Les restaurants asiatiques

Un restaurant asiatique, en France, sert le plus souvent une ou plusieurs cuisines d’Asie : chinoise, japonaise, vietnamienne ou thaïe, parfois sous forme de…

Comprendre

La cuisine thaïlandaise

La cuisine thaïlandaise cherche l’équilibre entre le salé, l’acide, le sucré et le piquant, avec parfois une pointe d’amertume. Elle repose sur le riz,…