Le nouvel an chinois
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ComprendreFêtes et traditions de table en Asie
Au quinzième jour du huitième mois lunaire, la Chine, le Vietnam et une partie de l’Asie fêtent la pleine lune. Une fête de famille, de lanternes et de gâteaux ronds, nourrie de légendes.
Par Hélène MarchadierRevu le · 3 min de lecture

Dans le calendrier traditionnel chinois, l’automne couvre les septième, huitième et neuvième mois lunaires. Le huitième est le mois du milieu, et son quinzième jour en marque le centre : d’où le nom, zhōngqiū jié, « fête du milieu de l’automne ». Ce soir-là, la lune est pleine ou presque. Un dicton affirme que « la lune du 15 est la plus ronde le 16 » : la pleine lune exacte tombe souvent le lendemain.
La fête s’est répandue sous la dynastie Tang, même si l’on rendait hommage à la lune bien avant. Elle reste, après le nouvel an, le grand moment des retrouvailles familiales. Le mot tuányuán, « réunion », revient à table : la lune ronde figure une famille au complet. Le nouvel an chinois et ses rites obéit à la même logique de calendrier.
La légende la plus racontée est celle de Chang’e. Dix soleils brûlaient la terre ; l’archer Hou Yi en abattit neuf et reçut en récompense un élixir d’immortalité. Pour qu’il ne tombe pas entre de mauvaises mains, son épouse Chang’e le but et s’envola jusqu’à la lune, où elle vit depuis avec un lapin de jade qui pile des herbes dans un mortier. Hou Yi, resté sur terre, aurait disposé sous la lune les fruits et les gâteaux qu’elle aimait : ce serait l’origine des offrandes. Les plus anciens textes donnent une version moins flatteuse, où Chang’e vole l’élixir et s’enfuit.
Une autre tradition veut que des messages cachés dans des gâteaux de lune aient lancé la révolte contre la dynastie mongole des Yuan, au XIVe siècle. Le récit relève de la tradition populaire plus que de l’histoire attestée, mais il reste l’un des plus répétés autour de la fête.
Le gâteau de lune, yuèbǐng, est rond comme l’astre. Sa pâte fine, moulée, porte en relief des motifs de bon augure ou le nom de sa garniture. La version classique renferme une pâte sucrée de graines de lotus ou de haricot rouge, souvent avec un ou deux jaunes d’œuf de cane salés qui figurent la lune. Le mélange sucré et salé n’a rien d’étrange dans la pâtisserie chinoise, et les variantes se multiplient chaque année.
On le coupe en parts pour le partager entre tous, et l’on en offre des boîtes aux proches, aux voisins et aux collègues dans les semaines qui précèdent. Il se mange autour de la fête, avec une tasse de thé chinois servi chaud, qui allège sa richesse.
Le soir, les enfants se promènent avec des lanternes allumées, et les familles s’installent dehors pour contempler la lune, parfois autour d’un pique-nique nocturne. Au Vietnam, le Tết Trung Thu est avant tout la fête des enfants. Ils défilent avec des lanternes en forme d’étoile ou d’animal, au rythme des danses de la licorne. On y raconte l’histoire de Chú Cuội, un gardien de buffles emporté vers la lune avec l’arbre sacré qu’il tentait de retenir ; on le devine assis au pied de l’arbre, sur la face éclairée. Le même mot Tết nomme le nouvel an vietnamien du printemps.
Au Japon, le tsukimi, « contemplation de la lune », se fête avec des tiges d’herbe susuki et des boulettes de riz ; la croyance populaire voit sur la lune un lapin qui pile du mochi. La Corée célèbre le même jour Chuseok, grande fête des récoltes et des ancêtres.
C’est une fête traditionnelle chinoise, célébrée le quinzième jour du huitième mois lunaire, à la pleine lune. Les familles se réunissent, admirent la lune et partagent des gâteaux de lune. Le Vietnam, la Corée et le Japon en ont leurs propres versions.
La plus connue raconte comment Chang’e, épouse de l’archer Hou Yi, but l’élixir d’immortalité et s’envola vers la lune, où elle vivrait avec un lapin de jade. Au Vietnam, on raconte aussi l’histoire de Chú Cuội, le gardien de buffles emporté avec son arbre.
Autour de la fête, et surtout le soir même, en famille, en regardant la lune. On les coupe en parts pour les partager. Ils s’offrent aussi dans les semaines qui précèdent, entre proches ou collègues.
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