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ComprendreFêtes et traditions de table en Asie

Thé chinois : les six familles et la manière de le servir

La Chine produit des thés de toutes les couleurs, classés en six familles selon le travail de la feuille. Cette fiche les présente, avec leurs provinces d’origine et la manière chinoise de les infuser.

Portrait d’Hélène Marchadier, cheveux châtain clair mi-longs, pull gris perle, fond de pièce claire et flouePar Hélène MarchadierRevu le · 3 min de lecture

Petite théière en terre, tasses en porcelaine bleu et blanc et feuilles de thé chinois sur un plateau

Une seule plante, six familles

La Chine est le pays d’origine du thé. La légende en attribue la découverte à l’empereur Shennong : des feuilles de théier seraient tombées dans son bol d’eau bouillie. Tous les thés, du plus pâle au plus sombre, viennent de la même plante, Camellia sinensis. Le travail de la feuille après la cueillette, et surtout son oxydation, les sépare.

FamilleTravail de la feuilleExemples connus
Thé vertChauffé tôt pour bloquer l’oxydationLongjing, le « Puits du Dragon », du Zhejiang
Thé blancSimplement flétri puis séchéBai Mu Dan, Aiguilles d’argent, du Fujian
Thé jauneProche du vert, avec une courte étape d’étouffement qui l’adoucitThés jaunes, rares, notamment du Sichuan
Oolong, ou thé bleu-vertOxydation partielle, feuilles roulées ou torsadéesTie Guan Yin, du Fujian
Thé rougeOxydation complète ; c’est notre thé noirKeemun de l’Anhui, thés du Yunnan, lapsang souchong fumé
Thé sombreFermentation, puis vieillissement après fabricationPu-erh du Yunnan

Le thé au jasmin, grande tradition du Fujian, est en général un thé vert parfumé au contact de fleurs fraîches. Le nom des thés trompe souvent le lecteur français : ce que la Chine appelle thé rouge, d’après la couleur de son infusion, correspond à notre thé noir, et ce qu’elle nomme thé noir désigne les thés sombres comme le pu-erh.

Des provinces et leurs thés d’origine

Chaque province a sa signature. Le Fujian est la terre des oolongs, des thés blancs et du jasmin. Le Yunnan abrite de très vieux théiers et produit des thés rouges ronds ainsi que le pu-erh, que l’on presse souvent en galettes. L’Anhui, avec les montagnes brumeuses du Huangshan, donne le Keemun, thé léger et doux. Le Zhejiang est la patrie du Longjing. Le Sichuan, où le théier aurait été planté parmi les premiers, produit des thés verts, rouges et jaunes. Comme pour le vin, le nom d’un thé désigne souvent un lieu autant qu’une façon de faire.

Servir le thé en gongfu cha

Gōngfu chá peut se traduire par « thé préparé avec art ». Le principe tient en une phrase : beaucoup de feuilles, peu d’eau, des infusions très courtes, répétées plusieurs fois avec les mêmes feuilles. Chaque infusion montre une autre facette du thé. On réserve surtout cette méthode aux oolongs et aux pu-erh.

  • On réchauffe d’abord la théière et les tasses en les arrosant d’eau chaude.
  • On rince souvent les feuilles d’une première eau, aussitôt jetée, pour les réveiller.
  • On infuse dans une petite théière en terre ou dans un gaiwan, tasse à couvercle posée sur une soucoupe.
  • On verse le thé dans un pichet, pour que chacun reçoive une liqueur égale, puis dans de petites tasses.

Une théière en terre non émaillée s’imprègne peu à peu des arômes ; on la réserve volontiers à une seule famille de thé et on la rince à l’eau claire, sans produit vaisselle. Les tasses fines en porcelaine chinoise laissent voir la couleur de la liqueur. Pour remercier celui qui sert, l’usage chinois veut que l’on tapote la table de deux doigts repliés, en souvenir, dit la légende, d’un empereur qui voyageait incognito.

Le thé au restaurant et dans les fêtes

Au restaurant chinois, le thé accompagne tout le repas, en particulier les bouchées du matin : le yum cha cantonais signifie mot à mot « boire le thé ». Pour demander qu’on remplisse la théière, on laisse son couvercle entrouvert. Les usages de ces tables sont repris dans notre guide pour choisir dans un restaurant asiatique. Le thé accompagne aussi les gâteaux de la fête de la mi-automne chinoise. Le thé en poudre battu au fouet, qui a disparu des usages chinois, survit au Japon dans la cérémonie du thé japonaise.

Les bases à retenir

  • Toutes les familles viennent du même théier ; seule la transformation de la feuille change.
  • Le « thé rouge » des Chinois correspond à ce que l’on appelle en France thé noir.
  • Le pu-erh appartient aux thés sombres, qui vieillissent après leur fabrication.
  • Le gongfu cha multiplie les infusions courtes dans un petit récipient.

Questions sur le thé chinois

Quels sont les différents types de thé chinois ?

On distingue six familles : vert, blanc, jaune, oolong, rouge, qui correspond à notre thé noir, et sombre, dont le pu-erh. Elles viennent toutes du même théier et diffèrent par le travail de la feuille, surtout son oxydation. Le thé au jasmin est en général un thé vert parfumé.

Quels sont les bienfaits du thé vert de Chine ?

Le thé vert contient de la caféine et des polyphénols, dont les effets sur la santé font encore l’objet d’études aux résultats variables. Ce site ne promet aucun bienfait. En cas de grossesse, de traitement ou de sensibilité à la caféine, mieux vaut demander l’avis d’un médecin.

Qu’est-ce que le gongfu cha ?

C’est la manière chinoise de servir le thé avec beaucoup de feuilles, peu d’eau et des infusions très courtes, répétées avec les mêmes feuilles. On utilise une petite théière en terre ou un gaiwan, un pichet pour égaliser la liqueur et de petites tasses.

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