La vaisselle japonaise
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ComprendreUstensiles et art de la table, de la Chine au Japon
La Chine a inventé la porcelaine et l’a vendue au monde pendant des siècles. Sa pâte, ses décors et ses marques racontent une histoire que l’on peut apprendre à lire, sans être expert.
Par Bastien Lorrain · relecture Hélène MarchadierRevu le · 3 min de lecture

La porcelaine se distingue de la faïence et du grès par sa pâte. Elle mêle le kaolin, une argile très blanche, et une roche riche en feldspath, que les textes anciens appellent pétunsé. Cuite à très haute température, la pâte se vitrifie : elle devient dure, imperméable, et laisse passer la lumière quand la paroi est fine. Un bol de porcelaine sonne clair quand on le frappe du doigt.
Le mot kaolin vient lui-même du chinois. Il reprend le nom de Gaoling, une colline proche de Jingdezhen d’où l’on tirait cette argile. En anglais, le nom du pays a fini par désigner la vaisselle elle-même : china.
Les céramistes chinois produisent des grès fins depuis l’Antiquité, mais la porcelaine atteint sa maturité sous la dynastie Song (960-1279). C’est l’époque des céladons aux glaçures vert pâle ou bleutées et des blancs très purs des fours du Nord. Les pièces destinées à la cour viennent alors de fours officiels, surveillés par l’administration impériale.
Le décor bleu et blanc naît sous la dynastie mongole des Yuan. Le peintre trace le motif au cobalt sur la pâte crue, puis la pièce reçoit une couverte transparente et passe au four : le bleu se retrouve pris sous la glaçure, à l’abri de l’usure. Le cobalt était souvent importé du Moyen-Orient. Sous les Ming (1368-1644), puis sous les Qing (1644-1912), ce décor devient la production la plus connue de la Chine. D’autres palettes suivent : le rouge de cuivre sous couverte, les « cinq couleurs », puis la famille rose, aux émaux plus doux, à la fin du règne de Kangxi.
Jingdezhen, dans la province du Jiangxi, produit de la céramique dès la dynastie Tang ; elle prend son nom en 1004, sous les Song, et devient sous les Ming le grand centre de la porcelaine impériale. La ville réunit l’argile, le bois pour les fours et une rivière pour expédier les pièces. On y travaillait à la chaîne : un atelier tournait, un autre peignait, un autre cuisait. Au XVIIIe siècle, la ville comptait des milliers de familles de potiers.
Par les navires des compagnies européennes, la porcelaine bleu et blanc arrive en masse en Europe. Les faïenciers de Delft, puis ceux de Rouen et de Nevers, imitent son décor en camaïeu de bleu sans connaître le secret de la pâte. L’Europe ne produit sa propre porcelaine dure qu’au XVIIIe siècle. Le Japon, de son côté, développe sa porcelaine en reprenant les techniques venues du continent : on le voit dans la vaisselle japonaise du quotidien.
Quelques observations aident à comprendre une pièce. Aucune ne suffit à la dater.
Pour une pièce de famille, seul un expert en arts d’Asie peut se prononcer. Une pièce ébréchée se restaure, en atelier, ou se répare de manière visible selon la tradition japonaise du kintsugi à la poudre d’or. La porcelaine blanche et fine sert aussi pour le service du thé chinois en gongfu cha.
La porcelaine est née en Chine, au terme d’une longue évolution des grès. Elle atteint sa maturité sous la dynastie Song (960-1279). Le décor bleu et blanc apparaît ensuite, sous la dynastie Yuan.
Il n’existe pas un seul nom, mais des familles : le bleu et blanc, les céladons, le blanc de Chine, la famille rose, les cinq couleurs. On les désigne souvent par leur décor, leur four ou leur dynastie.
On observe la pâte sous le pied, la teinte du bleu, la forme, la marque et les traces d’usure. Aucun de ces indices ne suffit seul, car les copies sont nombreuses et anciennes. Un expert en arts d’Asie reste le seul recours fiable.
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