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ComprendreFêtes et traditions de table en Asie

Nouvel an chinois : dates, traditions et symboles de la table

Le nouvel an chinois change de date chaque année, entre la fin janvier et la mi-février. Il ouvre la fête du Printemps, deux semaines de visites, de décorations rouges et de repas en famille.

Portrait d’Hélène Marchadier, cheveux châtain clair mi-longs, pull gris perle, fond de pièce claire et flouePar Hélène MarchadierRevu le · 3 min de lecture

Table de réveillon du nouvel an chinois avec poisson entier, raviolis et lanternes rouges

Une date réglée sur la lune

Le calendrier chinois est luni-solaire. Ses mois commencent à la nouvelle lune et comptent 29 ou 30 jours ; un mois supplémentaire s’intercale régulièrement pour rester en phase avec les saisons. Le nouvel an tombe le plus souvent à la deuxième nouvelle lune qui suit le solstice d’hiver, donc entre le 21 janvier et le 20 février. En 2026, il est tombé le 17 février, le jour même de Mardi gras.

Le nom chinois courant, chūnjié, veut dire « fête du Printemps ». Il rappelle l’origine agricole de la fête : la fin des grands froids et l’attente des semis. On parle aussi de « nouvel an lunaire », car la Corée, le Vietnam et une partie de l’Asie du Sud-Est fêtent la même nouvelle lune, chacun à sa manière. Au Vietnam, c’est le Têt, présenté dans notre page sur le nouvel an vietnamien, le Têt.

Le grand ménage, le rouge et le bruit

Les jours qui précèdent, on nettoie la maison de fond en comble pour chasser la malchance de l’année écoulée. Le jour de l’an, en revanche, on évite de balayer, de peur d’emporter la chance avec la poussière. Les portes se couvrent de papiers rouges : deux vers de vœux de part et d’autre de l’entrée, et le caractère 福, « bonheur », souvent collé la tête en bas. « À l’envers » se dit dào, comme le verbe « arriver » : le bonheur est arrivé.

Une légende raconte qu’un monstre, le Nian, sortait à chaque fin d’année pour dévorer récoltes et villageois, et qu’il craignait le rouge et le bruit. D’où les lanternes rouges, les pétards et les danses du lion et du dragon. Les aînés offrent aux enfants des enveloppes rouges, les hongbao, garnies d’argent et de vœux. La fête provoque chaque hiver d’immenses déplacements, le chūnyùn : chacun veut rentrer dîner chez ses parents.

La table du réveillon : manger des vœux

Le dîner de la veille réunit toute la famille. Beaucoup de mets y figurent pour leur nom autant que pour leur goût, car le chinois joue volontiers des homophones :

Plat ou alimentCe qu’il souhaite
Poisson entier (yú)Le surplus, qui se dit aussi yú : on en laisse souvent un morceau pour que l’abondance passe sur l’année suivante
Raviolis jiaoziLa richesse, par leur forme de lingot ; surtout dans le Nord
Rouleaux de printempsLa fortune, par leur couleur dorée ; plutôt dans le Sud
Nouilles longuesUne longue vie, à condition de ne pas les couper
Gâteau de riz niángāo« Plus haut chaque année », par homophonie
Mandarines et orangesLa chance et l’or, par leur nom et leur couleur

Le menu varie beaucoup d’une région et d’une famille à l’autre ; le tableau donne les symboles les plus répandus, pas une liste obligatoire. Bouchées et petits pains farcis passent souvent par le panier de bambou, une technique détaillée dans la page sur la cuisson vapeur à la chinoise.

Quinze jours jusqu’aux lanternes

Les premiers jours sont consacrés aux visites, aux parents, aux aînés et aux amis. Les congés officiels durent environ une semaine en Chine continentale, mais la fête se prolonge jusqu’au quinzième jour du premier mois, la fête des lanternes. On y suspend des lanternes de papier et l’on mange des boulettes de riz gluant fourrées, les tangyuan, rondes comme la pleine lune. L’animal de chaque année est présenté dans la page sur les signes du zodiaque chinois, et l’autre grande fête lunaire de l’année dans celle sur la fête de la mi-automne.

Ce qu’il faut retenir

  • La date suit la lune : elle change chaque année dans le calendrier grégorien.
  • Le réveillon en famille est le moment central, bien plus que le jour lui-même.
  • Beaucoup de plats sont choisis pour un jeu de mots : leur nom sonne comme un vœu.
  • Les festivités se referment avec la fête des lanternes, quinze jours plus tard.

Vos questions sur la fête

Quelle est la date du nouvel an chinois ?

Elle change chaque année, car elle suit la nouvelle lune, toujours entre le 21 janvier et le 20 février. En 2026, la fête est tombée le 17 février. La suivante aura lieu le 6 février 2027 et ouvrira l’année de la Chèvre.

Pourquoi dit-on « nouvel an lunaire » ?

Parce que la date se cale sur la lune et que plusieurs pays d’Asie la fêtent : Chine, Corée, Vietnam, Singapour ou Malaisie. Le terme évite de rattacher à un seul pays une fête partagée. Le calendrier est en réalité luni-solaire, puisqu’il reste accordé aux saisons.

Que mange-t-on au nouvel an chinois ?

Le réveillon réunit des plats porteurs de vœux : poisson entier pour l’abondance, raviolis pour la richesse, nouilles longues pour la longévité, gâteau de riz pour progresser. Le Nord privilégie les raviolis jiaozi, le Sud les rouleaux de printemps. Les mandarines s’offrent comme cadeaux de bon augure.

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