Cuire au wok
La cuisson au wok repose sur une chaleur forte et un mouvement constant. On prépare et découpe tout avant d’allumer, on chauffe le wok…
Pas à pasLe wok : acier, fonte, culottage et cuisson
Le culottage donne au wok nu sa patine sombre, qui le protège de la rouille et retient moins les aliments. Il se fait une première fois avant toute cuisson, puis se refait quand la patine s’abîme.
Par Bastien Lorrain · relecture Hélène MarchadierRevu le · 3 min de lecture

Décaper le wok neuf
Lavez-le dedans et dehors à l’eau chaude savonneuse, avec une éponge qui gratte. Ce lavage retire la graisse ou le vernis posé en usine contre la rouille. C’est la seule fois où le savon et l’abrasif sont de mise.
Sécher à la flamme
Essuyez, puis posez le wok vide sur feu vif pendant environ 10 minutes. L’eau restante s’évapore et le métal commence à changer de teinte.
Chauffer jusqu’aux bords
Inclinez le wok par la poignée pour amener chaque zone au-dessus du feu. Le métal passe du gris au doré, au bleuté puis au brun. Une poignée en bois ne doit pas approcher la flamme.
Huiler à peine
Avec du papier absorbant tenu par une pince, étalez une huile neutre, colza ou tournesol, sur toute la surface. Essuyez jusqu’à ce que le métal brille sans qu’aucune goutte ne coule vers le fond.
Cuire la couche
Laissez chauffer : une fumée monte, puis retombe. La couche est alors fixée au métal. Coupez le feu.
Recommencer
Répétez l’huilage et la chauffe 2 à 3 fois. Plusieurs couches minces tiennent mieux qu’une seule couche épaisse.
Un wok en acier carbone sort de l’usine gris clair, couvert d’un film gras ou d’un vernis qui l’empêche de rouiller pendant le transport. Nu, ce métal accroche les aliments et s’oxyde au moindre contact prolongé avec l’eau. Le culottage le recouvre d’une patine faite d’huile cuite. Chauffée au-delà de son point de fumée, l’huile change de nature : ses molécules s’assemblent en une couche dure et sèche, un peu comme un vernis, qui se soude au métal. Les chimistes parlent de polymérisation.
Cette couche joue deux rôles. Elle isole l’acier de l’humidité, donc de la rouille, et elle offre une surface sur laquelle les aliments glissent mieux. Sa teinte va du brun au noir bleuté et change au fil des cuissons ; des zones plus claires ou tachetées sont normales sur un wok jeune. Une patine régulière aide aussi à obtenir cet arôme grillé que les cuisiniers cantonais appellent le souffle du wok, détaillé dans notre fiche sur la cuisson au wok.
Le geste vaut pour les métaux nus : acier carbone et fonte sans émail. La fonte se culotte de la même façon, avec plus de patience, car elle chauffe lentement ; notre comparatif du wok en fonte ou acier détaille ses différences. Un wok en inox, en fonte émaillée ou à revêtement antiadhésif ne se culotte pas : l’huile n’y accroche pas et une chauffe à vide peut abîmer le revêtement.
Certains woks sont vendus déjà culottés. Leur fabricant indique alors s’il faut seulement les rincer ou leur ajouter une couche. Dans le doute, un lavage à l’eau chaude sans savon, un séchage au feu et une couche d’huile très fine ne leur font aucun tort.
La flamme du gaz reste la plus commode, parce qu’elle lèche aussi les parois quand on incline le wok. Certains culottent même dehors, sur un réchaud de camping, pour ne pas enfumer la cuisine. Sur une plaque électrique, et plus encore sur un wok sur induction, seul le fond chauffe vraiment. Les parois se patinent alors plus lentement, au fil des premières cuissons, ou au four si le wok n’a aucune pièce en bois ni en plastique.
Le culottage prend du temps : environ 1 heure entre le lavage, les chauffes et le refroidissement. Mieux vaut le prévoir à part, un jour calme, que juste avant un repas.
Une patine s’use et se répare. Trois cas reviennent souvent.
Un wok très rouillé, oublié des mois dans un placard humide, se récupère presque toujours de la même façon : on frotte jusqu’à retrouver un métal gris uniforme, puis on reprend le culottage depuis le début.
Une patine neuve reste fragile. Pendant les premières semaines, les sautés et les fritures avec un peu d’huile la renforcent. Les aliments acides, tomate, vinaigre, citron, et les longues cuissons dans l’eau l’attaquent, mieux vaut les garder pour plus tard. Après chaque usage, on rince à l’eau chaude avec une brosse douce, on sèche sur le feu et on passe un voile d’huile, comme l’explique notre fiche sur le wok en acier carbone.
Le secret tient dans la finesse des couches. On essuie l’huile au point qu’il n’en reste qu’un voile, on chauffe jusqu’à ce que la fumée cesse, puis on recommence. Plusieurs couches minces durent bien plus longtemps qu’une seule couche épaisse.
On commence par un lavage au savon et à l’éponge abrasive, pour retirer le film de protection d’usine. On sèche le wok au feu jusqu’à ce que le métal change de couleur, puis on alterne huile en couche très fine et chauffe, deux ou trois fois.
Une huile neutre qui supporte la chaleur, comme le colza ou le tournesol, convient. L’huile de sésame grillé, le beurre et l’huile d’olive brûlent trop tôt et laissent une couche moins régulière. La quantité compte plus que le choix de l’huile : il en faut très peu.
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