Culotter un wok
Culotter un wok, c’est cuire sur le métal nu de fines couches d’huile jusqu’à former une patine brune ou noire. Le geste concerne l’acier…
Pas à pasLe wok : acier, fonte, culottage et cuisson
Un sauté au wok dure quelques minutes à feu vif, sans pause possible. Tout se joue avant d’allumer, puis dans l’ordre et le rythme des gestes.
Par Bastien Lorrain · relecture Hélène MarchadierRevu le · 3 min de lecture

Tout préparer avant le feu
Lavez, séchez et découpez les aliments en morceaux de taille égale, puis rangez-les à portée de main dans l’ordre où ils entreront. Une fois le feu allumé, il n’y a plus le temps de couper.
Chauffer le wok à vide
Posez le wok sur feu vif jusqu’à ce qu’une goutte d’eau grésille et disparaisse aussitôt.
Napper d’huile
Versez un filet d’huile neutre et faites-le tourner pour couvrir le fond et le bas des parois.
Parfumer, puis saisir
Ail, gingembre ou oignon ne passent qu’un instant dans l’huile. Viande ou poisson sont saisis ensuite, puis souvent réservés hors du wok.
Des légumes fermes aux tendres
Carottes, brocolis et poivrons entrent d’abord ; pousses de soja, pak choï ou petits pois à la fin.
Remuer sans relâche
Poussez, retournez, ramenez les aliments vers le centre à la spatule, pour qu’aucun morceau ne reste posé sur le métal brûlant.
Réunir et servir
Remettez ce qui était réservé, versez la sauce le long de la paroi chaude, mélangez quelques secondes et servez aussitôt.
Le wok tient sa manière de cuire de sa forme. Son fond étroit concentre la chaleur, ses parois évasées offrent une grande surface qui chauffe moins. Le cuisinier se sert de cette différence : les aliments saisissent au fond, puis il les pousse sur les côtés pour qu’ils continuent de cuire doucement pendant qu’il en ajoute d’autres. Une poêle, plate, chauffe à peu près partout pareil et ses bords bas laissent tomber ce que l’on remue.
Le métal joue aussi. Un wok en acier carbone est mince : il monte vite en température et réagit aussitôt quand on baisse le feu. C’est ce qui rend possible un sauté de quelques minutes, avec peu de matière grasse, des légumes qui restent croquants et une viande dorée en surface.
Les cuisiniers cantonais parlent de wok hei, que l’on traduit par souffle ou haleine du wok. Le mot désigne l’arôme légèrement grillé, presque fumé, que prennent les aliments sautés dans un wok très chaud et bien patiné. Il naît du contact entre l’huile, les sucs et un métal brûlant, parfois avec la flamme elle-même quand le cuisinier fait sauter le contenu.
Les brûleurs des cuisines professionnelles chinoises sont bien plus puissants qu’un feu domestique. À la maison, on compense en travaillant par petites quantités : une ou deux poignées à la fois, quitte à cuire en plusieurs fois et à tout réunir à la fin. Un wok correctement culotté aide aussi ; notre fiche pour culotter un wok neuf explique comment former cette patine.
La découpe fait la moitié du travail. Des morceaux fins et de taille égale cuisent ensemble. La viande se tranche en lamelles, de préférence contre le sens des fibres pour rester tendre. Les légumes durs se coupent plus fins que les légumes tendres, pour finir de cuire au même moment.
L’eau est l’ennemie du sauté. Les légumes lavés doivent être essorés ou séchés, le tofu égoutté, les nouilles bien égouttées. Chaque goutte d’eau qui touche l’huile chaude refroidit le wok et projette des éclaboussures.
La spatule à bord arrondi suit la courbe du wok : on gratte le fond, on retourne, on ramène. Les cuisiniers entraînés font aussi sauter le contenu d’un coup de poignet, wok levé. Ce geste demande un wok léger à manche long, et une flamme. Sur un wok sur induction, la plaque coupe la chauffe dès que le fond la quitte : on remue alors à la spatule, wok posé, et la notice de la plaque précise les réglages à éviter.
Le wok sert aussi à frire, à braiser et à cuire à la vapeur. Rempli d’un fond d’eau et coiffé d’un panier vapeur en bambou, il devient un cuiseur vapeur. Pour la friture, sa forme évasée demande moins d’huile qu’une casserole droite pour une même surface de bain, mais un wok à fond rond doit alors être calé sur un anneau, pour ne pas basculer.
Le wok a un fond étroit et des parois hautes et évasées, la poêle un fond large et plat. Dans le wok, la chaleur se concentre au fond et l’on pousse les aliments cuits sur les côtés. Cette forme aide à sauter vite, à remuer sans rien faire tomber et à cuire par petites quantités.
Presque tout ce qui cuit vite : lamelles de viande, crevettes, tofu, légumes coupés fin, nouilles, riz déjà cuit et refroidi. Le wok sert aussi pour la friture, le braisé et la vapeur. Les aliments très acides attaquent la patine d’un wok jeune en acier nu.
Un wok en inox ne se culotte pas : on le lave à l’eau savonneuse et on le sèche. Avant chaque cuisson, on le laisse bien chauffer à vide avant de verser l’huile, sinon les aliments accrochent. La notice du fabricant indique les feux compatibles.
Culotter un wok, c’est cuire sur le métal nu de fines couches d’huile jusqu’à former une patine brune ou noire. Le geste concerne l’acier…
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