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L’ustensileUstensiles et art de la table, de la Chine au Japon

Couteau santoku : forme, usages et entretien

Le santoku est le couteau de cuisine japonais le plus répandu dans les foyers. Lame large, bout arrondi, tranchant presque droit : sa forme dit déjà comment on s’en sert.

Portrait de Bastien Lorrain, cheveux bruns courts, barbe courte, chemise bleu marine, fond de pièce lumineuse et flouePar Bastien Lorrain · relecture Hélène MarchadierRevu le · 3 min de lecture

Couteau santoku à lame alvéolée posé sur une planche en bois à côté de légumes émincés

Le soin du santoku au fil des jours

QuandLe soin
Pendant la coupePlanche en bois ou en plastique, jamais en verre, en marbre ou en ardoise.
Juste après usageLavage à la main, eau chaude et liquide vaisselle, côté dos de la lame vers l’éponge.
Avant de rangerSéchage immédiat avec un torchon, surtout pour un acier riche en carbone.
Au rangementBloc, barre aimantée ou étui, jamais en vrac dans un tiroir.
Quand il accrochePassage sur pierre à eau, ou chez un coutelier.

Une lame large au bout arrondi

Le santoku se reconnaît à sa silhouette. La lame est haute au talon, le dos descend en courbe jusqu’à une pointe arrondie, et le tranchant reste presque droit sur toute sa longueur. La longueur de lame se situe le plus souvent entre 14 et 20 cm. Le couteau est en général plus léger qu’un couteau de chef de même taille, ce qui fatigue moins la main pendant une longue séance d’émincé.

Son nom se traduit souvent par « trois vertus » ou « trois usages » : les légumes, la viande et le poisson. C’est un couteau de foyer, pensé pour tout faire dans une cuisine domestique, à la différence des couteaux japonais spécialisés comme le deba pour le poisson ou l’usuba pour les légumes.

Couper en poussant

Le tranchant droit commande le geste. On pose la lame sur l’aliment et on la pousse vers l’avant et vers le bas, en un seul mouvement, puis on la ramène. La lame reste en contact avec la planche sur presque toute sa longueur, ce qui donne des tranches nettes et régulières. La main qui tient l’aliment replie le bout des doigts et guide la lame contre les phalanges.

Cette coupe régulière compte beaucoup en cuisine asiatique, où les morceaux doivent avoir la même taille pour cuire au même rythme. C’est le cas au wok : la technique de cuisson au wok demande des légumes et des viandes taillés finement avant d’allumer le feu. La largeur de la lame sert aussi de pelle pour transporter les morceaux de la planche à la poêle.

Santoku ou couteau de chef

Le couteau de chef occidental a une lame plus longue et un tranchant nettement courbé vers la pointe. On le fait basculer d’avant en arrière, la pointe restant sur la planche, pour hacher des herbes ou émincer vite. Le santoku se prête mal à ce mouvement de bascule : son tranchant droit cogne la planche au lieu de rouler. Il gagne en revanche en contrôle pour les tranches fines, les julienne et les cubes. La pointe arrondie le rend aussi moins adapté aux travaux de précision au bout de la lame.

Les variantes de lame

  • Une lame alvéolée porte de petits creux le long du tranchant : ils créent des poches d’air, et les tranches de poisson ou de pomme de terre collent moins.
  • Lame à double biseau, aiguisée des deux côtés, qui convient aux droitiers comme aux gauchers.
  • Lame à simple biseau, plus fine à la coupe, mais dessinée pour une main précise, droite ou gauche.
  • Acier inoxydable ou acier riche en carbone, plus dur et plus coupant mais sensible à la rouille, ou encore céramique, très dure mais fragile.

La dureté de l’acier se mesure sur l’échelle de Rockwell, notée HRC. Un acier dur garde son fil plus longtemps mais s’ébrèche plus facilement sur un os ou un aliment surgelé. Le manche, rond, en forme de D ou à pans dans la tradition japonaise, joue sur l’équilibre et le confort. Quand le fil faiblit, la méthode est expliquée dans la fiche aiguiser un couteau japonais.

En résumé

  • Le santoku coupe surtout en poussant la lame, sans la faire basculer.
  • Les alvéoles creusées sur la lame aident les tranches fines à se décoller.
  • Une lame à un seul biseau convient à une main précise, droitière ou gauchère.
  • Le lave-vaisselle et les planches dures usent le tranchant plus vite que la coupe.

Vos questions sur le santoku

Quelle est la différence entre un couteau de chef et un santoku ?

Le couteau de chef a une lame plus longue et un tranchant courbé, fait pour basculer d’avant en arrière. Le santoku a un tranchant presque droit et une pointe arrondie : il coupe en poussant la lame. Le premier hache vite, le second tranche fin et régulier.

À quoi sert un couteau santoku ?

Il sert à presque toutes les coupes du quotidien : émincer des légumes, trancher de la viande sans os, découper un filet de poisson. Il ne convient pas pour désosser ni pour les aliments durs ou surgelés.

À quoi servent les alvéoles sur une lame de santoku ?

Les petits creux le long du tranchant forment des poches d’air entre la lame et l’aliment. Les tranches fines, de pomme de terre ou de poisson, collent moins. Les alvéoles ne changent rien au tranchant lui-même.

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