Baguettes japonaises et chinoises
La baguette japonaise est plus courte et finit en pointe fine, pensée pour détacher la chair d’un poisson. La baguette chinoise est plus longue,…
Pas à pasUstensiles et art de la table, de la Chine au Japon
Tenir des baguettes revient à fabriquer une pince avec sa main. Une baguette reste immobile, l’autre travaille, et presque tout le reste tient à la détente des doigts.
Par Bastien Lorrain · relecture Hélène MarchadierRevu le · 3 min de lecture

Aligner les pointes
Posez les deux baguettes côte à côte et tapotez-les doucement sur la table pour que les pointes arrivent au même niveau.
Caler la baguette du dessous
Glissez-la dans le creux entre le pouce et l’index, puis posez sa partie basse sur le côté de l’annulaire. Le pouce la plaque sans serrer.
Saisir la baguette du dessus
Tenez-la comme un stylo, entre la pulpe du pouce, l’index et le majeur. Elle reste libre de pivoter.
Ouvrir et fermer
Levez puis abaissez la baguette du dessus avec l’index et le majeur. Celle du dessous ne doit pas suivre le mouvement.
Choisir la hauteur de prise
Tenues assez haut, les baguettes s’ouvrent plus largement ; plus près des pointes, elles gagnent en précision pour un grain de riz ou un petit légume.
S’entraîner sur du facile
Commencez par des morceaux fermes et secs, cubes de pain ou de tofu ferme, avant de passer aux nouilles et aux cacahuètes.
La méthode tient en un schéma. La baguette du dessous sert d’appui : elle repose dans le creux entre le pouce et l’index, et son autre bout s’appuie sur l’annulaire. Elle ne bouge pas pendant le repas. La baguette du dessus fait tout le travail. On la tient comme un crayon et c’est elle qui vient rejoindre la première pour saisir un morceau.
Le bon réglage se reconnaît à un détail : quand la pince est fermée, les deux pointes se touchent exactement, sans se croiser. Si elles se chevauchent, la main serre trop ou la baguette du dessus est tenue trop bas. Le geste demande peu de force. Une main détendue tient mieux qu’une main contractée, et la fatigue des premiers repas vient presque toujours d’une prise trop ferme.
Les baguettes chinoises sont plus longues que celles du Japon et se terminent par une extrémité arrondie plutôt que par une pointe fine. Beaucoup de modèles ont une section carrée dans le haut et ronde dans le bas, une forme que l’on rattache souvent à l’image ancienne du ciel rond et de la terre carrée. La partie carrée a aussi un intérêt pratique : la baguette ne roule pas sur la table et se cale mieux dans la main. Leur longueur répond à la table chinoise, où les plats sont posés au centre et partagés. Les différences de forme et de matière sont détaillées dans la fiche sur les baguettes japonaises et chinoises.
La technique de prise reste la même d’un pays à l’autre. Seule change la façon de manger : en Chine, il est courant de porter le bol de riz près de la bouche et de pousser les grains avec les baguettes, ce qui n’a rien d’impoli.
Pour un enfant, les baguettes d’apprentissage reliées en haut font office de pince à ressort. On obtient le même effet à la maison : un petit rouleau de papier glissé entre les deux baguettes, juste sous le haut, maintenu par un élastique. La pince s’ouvre seule, il suffit de la refermer. Une fois le mouvement acquis, on retire le papier.
Un adulte gagne à s’exercer hors des repas, quelques minutes, en déplaçant des objets d’un bol à l’autre. Les baguettes en bois brut ou en bambou accrochent mieux que le métal. Les gauchers appliquent exactement le même montage en miroir ; à une table ronde, ils s’installent de préférence en bout de rangée pour ne pas heurter le coude du voisin.
Savoir tenir ses baguettes ne suffit pas, quelques gestes sont mal vus en Chine comme dans le reste de l’Asie. On ne plante jamais ses baguettes debout dans le bol de riz : la scène rappelle les bâtons d’encens des rites funéraires. On évite de taper sur le bord du bol, de pointer quelqu’un avec ses baguettes ou de fouiller le plat commun pour choisir un morceau. Pour se servir dans un plat partagé, de plus en plus de tables proposent des baguettes de service, réservées à cet usage. C’est aussi la règle autour d’un hot pot à partager, où chacun puise dans le même bouillon.
Entre deux bouchées et à la fin du repas, les baguettes se posent côte à côte sur le repose-baguettes ou, à défaut, sur le bord de l’assiette. Les formules de politesse qui ouvrent et ferment le repas au Japon sont expliquées sur la page itadakimasu, le merci japonais.
La baguette du dessous reste fixe, calée entre le pouce et l’index et posée sur l’annulaire. La baguette du dessus se tient comme un crayon et seule elle bouge. Les pointes doivent se toucher sans se croiser, et la main reste souple.
Les baguettes chinoises sont plus longues, avec un bout arrondi, et souvent carrées dans leur partie haute. Les baguettes japonaises sont plus courtes et finissent en pointe fine. La manière de les tenir est identique.
Au Japon, les baguettes se posent à l’horizontale devant soi, pointes à gauche, sur un petit repose-baguettes appelé hashioki. On ne les plante jamais dans le riz et on ne les laisse pas en travers du bol.
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